Alexandre Hervaud, Jean-Marie Le Pen et un oignon

Fausse page de Merci pour le moment de Valérie Trierweiler - La Déviation

Une grosse blague qui tâche sur Twitter et voilà qu’une rumeur se répand comme quoi François Hollande… Enfin, je vous laisse lire la fausse page du livre de Valérie Trierweiler ci-dessus pour comprendre.

À tel point que Jean-Marie Le Pen s’est fait prendre au piège, comme il l’a confirmé au Lab d’Europe 1, qui était interloqué par cet extrait d’un reportage de Canal +.

À l’origine de cet imbroglio, un simple tweet publié par le journaliste Alexandre Hervaud.

Vous avez pu entendre Alexandre Hervaud cet été sur Le Mouv. Il officie également sur Arte, Slate et pas mal de rédactions culturelles. Je lui avais posé quelques questions, ce week-end, avant de découvrir que Le Pen s’en était mêlé…

Pressentais-tu le succès de ce tweet ?

AH : Pas à ce point, non. D’autant que le tweet a été envoyé tardivement, en soirée ; je pensais toucher assez peu de gens, et pas dépasser la cinquantaine (grand max !) de retweets.

Combien de personnes ont vu ton tweet d’origine selon Twitter Analytics ?

AH : À l’heure actuelle (3h01, dimanche matin), 168.614. Et c’est juste à partir du tweet original, donc sans compter les RT manuels ou les reprises nombreuses sans citation.

Quel est ton sentiment quand tu vois que ce canular se transforme en rumeur, qu’il dépasse Twitter ?

AH : Mon premier réflexe est d’en rire, le deuxième est d’en pleurer un peu – je me sentirais très mal si j’avais produit un fake crédible (sans faute de typo, sans erreur factuelle genre date erronée et avec un style réaliste), mais vu le peu de réalisme du truc, j’ai bonne conscience en me disant qu’il faut vraiment être demeuré pour prendre ce truc pour agent comptant.

Imaginais-tu qu’un jour, même à ton corps défendant, tu deviendrais l’auteur d’un hoax ?

AH : Pas du tout, en tout cas pas au sens “hoax” comme je l’entends (avec tout l’aspect manipulation et tromperie que ça intègre). J’ai versé dans la parodie, dans la fan fiction, mais jamais dans le hoax volontaire.

À propos des hoax politiques, bien souvent propagés à dessein par l’extrême-droite, penses-tu que les journalistes doivent les démentir, quitte à leur donner de l’importance, ou les laisser de côté, tout en les voyant progresser ?

AH : C’est fondamental pour les journalistes de tuer les rumeurs dans l’œuf, dès qu’elles commencent à prendre un chouïa d’importance. J’ai trop souvent été amené à “fact-checker” ma propre mère (adepte pendant un temps du forward de newsletters droitières douteuses à base de faits bidons ou de calomnies) pour accepter l’idée qu’on puisse “laisser faire” les hoax politiques (de tous bords qu’ils soient).

Alexandre Hervaud précisera plus tard, sur Slate, qu’il écoutait Sinsemilia un peu torché au moment de tweeter.

Une fois n’est pas coutume, laissons la dernière citation à Jean-Marie Le Pen.

C’est une bonne leçon qu’il ne faut pas prendre tout ce qu’on voit, tout ce qu’on entend, tout ce qu’on nous dit.

Nous ne saurions trop conseiller au leader d’extrême-droite de visiter le site des Debunkers, qui taille en pièce les rumeurs entretenues par son camp, concernant la prétendue théorie du genre, la circulaire de Najat Vallaud-Belkacem sur l’apprentissage de l’arabe à l’école, la création d’une prime glandouille, et cetera, et cetera.

Rédaction | 11 article(s) publié(s)

Fondée par des amis journalistes formés à l'IUT de Lannion, rejointe par des rédacteurs tout aussi passionnés et désintéressés, la rédaction de La Déviation est multiple et en perpétuelle évolution.


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