Le lundi 12 septembre 2016, quelques militants écologistes montent sur le sable déchargé dans le port de Tréguier (Côtes-d’Armor). La Compagnie armoricaine de navigation (Can) y a stocké 1.150 m3, extraits dans la baie de Lannion.

Issus notamment des collectifs Grain de sable dans la machine et Nuit Debout lannion, ils rejettent symboliquement quelques sceaux dans le Jaudy, pour s’opposer au pompage de la dune du Crapaud, au large de Trébeurden, qui a débuté dans la nuit du 6 au 7 septembre. Ces militants s’étaient déjà rendus au siège de l’entreprise à Pontrieux, quelques jours plus tôt.

En 2015, après cinq ans de conflit entre Roullier d’un côté et la population locale dans sa quasi-unanimité de l’autre, Emmanuel Macron cosigne le décret ministériel autorisant l’extraction, sous certaines conditions de dates et de volumes.

Le site convoité par l’industriel est situé entre deux zones Natura 2000 et près de la réserve naturelle des Sept-Îles, face à la côte de Granit rose. Les associations écologistes soulèvent les risques pour la faune, les professionnels de la pêche et du tourisme craignent pour leurs activités, la ministre de l’Ecologie, Ségolène Royal, affirme son opposition, et des démarches judiciaires sont entreprises pour annuler ou freiner le projet.

Le 13 septembre, Roullier annonce la suspension du pompage « par souci d’apaisement », jusqu’à un comité de suivi en préfecture, qui entérine cet arrêt en novembre, à quelques mois de l’élection présidentielle. Seulement, le décret reste valable, aucune décision de justice ne l’ayant cassé, et le sablier peut en théorie se présenter en baie de Lannion en septembre 2017.

Mise à jour le 26 août 2017