Auteur : Célia Cara

Flow, le bodybuilding corps et âme

C’est un film extrême, qui montre le corps qui souffre, qui force. Pour son tout premier festival, Flow est reparti avec le prix Révélation. Il offre à son réalisateur, Hugues Hariche, des aides techniques. Nous avions rencontré ce dernier la veille de la cérémonie de clôture, pour en savoir plus sur son court-métrage.

Flow [flo] : (Psychologie) État mental de concentration lorsque l’on est complètement immergé dans ce que l’on fait.

John est un colosse, une masse. Pour entretenir chaque muscle de son corps, il a fait de sa passion son métier. Chaque jour, c’est le même rituel : salle de gym, coaching, régime strict. Et puis il y a cette fille, Laurie. Mais a-t-il seulement une petite place à lui accorder dans cette vie ordonnée ?

Écoutez la réaction de Hugues Hariche, prix Révélation du festival

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Interview de Hugues Hariche, réalisateur de Flow

Report Ouest – Dans Flow, vous filmez John, le bodybuilder, dans son quotidien, à la salle de gym, chez lui. Ça aurait presque pu être un documentaire ?

Hugues Hariche Le personnage de John dans le film est un vrai bodybuilder, ce n’est pas un acteur. Je me suis inspiré de son histoire pour écrire le film. Comme je l’ai pris lui, dans le rôle principal, il y a un forcément un côté documentaire. En dehors de la scène du show, filmée au Georgia Bodybuilding Championships à Atlanta, toutes les scènes sont écrites et donc jouées. C’est une fiction.

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Quel est le message que vous avez souhaité véhiculer dans Flow ?

Ce que j’ai voulu montrer, c’est la manière dont une personne peut s’impliquer quand elle a une passion. A un point tel que cela prend entièrement son quotidien. L’implication que ça demande, les sacrifices que John fait pour ça… Et en chemin, ce qu’il perd socialement et affectivement. Il n’a pas de vie sociale, son quotidien c’est la salle de gym et chez lui. Il n’a pas la place pour Laurie, dans le film, avec qui il avait une histoire avant et qu’il n’arrive pas à poursuivre, bien qu’il y ait quelque chose d’assez fort entre eux.

Le film a été tourné en Géorgie, aux États-Unis. Est-ce-qu’il aurait pu être tourné en France ?

J’ai construit l’histoire avec John, que je connais depuis une dizaine d’années, et qui m’a inspiré le film. Cela me paraissait évident de le faire avec lui. C’est lui qui m’a introduit dans le monde du bodybuilding, qui m’a expliqué, qui m’a permis d’assister au show à Atlanta.

Et puis aux États-Unis, tout le monde passe par la salle de gym, tous les jeunes soulèvent de la fonte. En France, on a une image beaucoup plus ringarde du culturisme. Cela ne correspondait pas à ce que je voulais montrer, je ne voulais pas ringardiser le bodybuilding. Je voulais juste parler de John à travers sa passion, qui est le bodybuilding, mais qui aurait pu tout aussi bien être autre chose.

Hugues Hariche a remporté le prix Révélation pour son film Flow. Crédits Report Ouest

C’est une histoire assez tragique. Comme John Fournier, l’acteur, a-t-il pris le film ?

Depuis le départ j’avais été clair avec lui, je lui ai expliqué mon intention, il n’y avait pas d’équivoque. Mais il n’avait aucune idée de la façon de faire un film. Nous n’avons pas fait de répétitions. John est assez monolithique dans le film, c’est un personnage qui est assez taiseux, qui montre peu d’émotions… Même s’il n’avait pas été très bon acteur, j’aurais pu travailler avec lui.

Il s’est avéré qu’il est plutôt bon acteur et qu’il a une grosse présence à l’écran, ça m’a beaucoup aidé. Il n’avait aucune idée de ce que cela pouvait donner. On était une petite équipe de tournage, à quatre (preneur de son, chef opérateur, assistant, réalisateur). On tournait avec un 5D, un appareil photo.

Quand John a vu le résultat, il a été étonné par la qualité du film, et il a aussi trouvé ça très juste, on a un peu décrit son quotidien, il était content.

Comment avez vous financé le tournage de Flow, justement ?

J’ai écrit le scénario assez rapidement, fin 2010, ensuite j’ai trouvé un producteur, Kazak productions.

Mais j’avais la dead-line du show, en juillet 2011. Donc on avait trois ou quatre mois pour trouver de l’argent, ce qui est quand même assez court pour demander des subventions, au Centre national du cinéma (CNC, NDLR), etc. On a déposé le dossier au CNC, mais on n’a pas eu d’aides. Le producteur n’était pas prêt à se lancer comme ça, alors que je n’avais jamais travaillé avec eux avant. Donc on a décidé avec ma compagne de produire le film, pour la partie tournage et Kazak s’est occupé de la post-production. On est donc à 50/50 sur le film. Ce sont des montants assez ridicules pour un court-métrage, le film a coûté moins de 20 000 euros.

Habituellement, pour un film de cette durée on monte facilement à 100 000 ou 150 000 euros. L’aide à la post-production de l’Ile-de-France nous a permis de rembourser une partie des frais. Le film vient d’être acheté par France Télévisions.

C’est ça, la plus grande satisfaction, avoir une diffusion télé ?

D’un côté oui, parce que le film va être vu, que c’est de l’argent qui rentre et qui nous permet d’être dans nos frais. Mais la diffusion télé c’est un peu abstrait, je ne suis pas derrière chaque personne qui regarde l’écran, dans son fauteuil.

Les festivals c’est ce que je préfère pour la vie du film. Il est vu en public, sur grand écran, la meilleure façon pour l’apprécier.

Flow de Hugues Hariche. Crédits Kazak Productions.

Flow, de Hugues Hariche, avec John Fournier et Michaela Landay, 22 minutes, Kazak Productions, 2012.

À l’abordage du Lys Noir

L’idéal, pendant les Tonnerres de Brest, c’est de pouvoir prendre la mer… Rien de mieux pour approcher de plus près les géants à voiles et avoir une vue sur l’ensemble de la rade. Report Ouest a eu la chance d’embarquer sur le Lys Noir, un voilier de 1913.

On prend des photos depuis le Lys Noir.

Monter sur un bateau, l’idéal pour prendre des photos de la rade. (Photo Bastien Madeuf)

À peine posé le pied sur le pont du Lys Noir, le ton est donné : qui veut participer aux manœuvres sera le bienvenu. En ce premier jour des Tonnerres, c’est un coup de chance, la pluie n’a pas encore pointé son nez. On pourra donc hisser les voiles. Le capitaine Alexandre Lozouet donne une seule consigne : rester assis jusqu’à la sortie du port, visibilité oblige.

Juste le temps de photographier le Sedov qui arrive au 5e bassin, et c’est l’heure de la mise sous voiles : tirer sur le bout et ne jamais s’arrêter. Et voilà le bateau lancé à sa vitesse de croisière. Edmond, l’un des matelots, va alors nous conter deux mots sur notre embarcation.

Le Lys Noir est construit en 1913 sous l’impulsion d’un noble autrichien, le Prince de Roquelyne. Le lys sombre, c’est son blason. Mis à l’eau en 1914 le bateau est cependant vite confisqué à son propriétaire, dès le début de la guerre. Un temps laissé en cale sèche, il est la propriété d’une famille d’Arcachon, jusqu’en 1950.

Edmond en pleine explication. Tonnerres de Brest

Edmond a retracé l’histoire du Lys Noir.

1913 – 2012 : le compte est facile, une partie du bateau (un tiers) est bientôt centenaire. Aujourd’hui, il est exploité par une association de Granville, qui comprend 180 adhérents.

Les cinq membres d’équipage qui nous entourent sont donc des bénévoles qui, en échange de quelques coups de marteau et de pinceau, naviguent sur la belle coque de Pâques à la Toussaint. Le plus vieux c’est Edmond, 65 ans; la plus jeune Capucine, 10 ans. Une demoiselle très à l’aise sur le pont… Normal, quand on est la fille du capitaine !

Granville, Cancale, Saint-Brieuc, Lézardrieux, Morlaix, l’Aber Wrac’h et Brest : le périple pour venir aux Tonnerres a souvent été arrosé de pluie… Mais pour Edmond, la rade de Brest, c’est l’idéal : « on a le vent, mais pas la grosse mer. » Et même si le grand repas des équipages a dû être annulé (la faute à la météo), Edmond n’a aucun doute sur l’ambiance de la semaine à venir : « les fêtes de Brest, je les ai toutes faites ! C’est que du bonheur… »

Les Tonnerres… et la pluie !

Une Fée mise à l’eau, de drôles d’oiseaux indonésiens, 3 gros Russes, un peu de lait ribot et surtout… la pluie, la pluie, la pluie. Résumé d’une première journée bien remplie aux Tonnerres de Brest 2012.

Ça avait pourtant bien commencé. Pas une goutte, pas un grain pour accueillir le maire François Cuillandre et ses invités. La ministre Marylise Lebranchu, le président du Conseil général Pierre Maille, le navigateur Olivier de Kersauson : tout ce beau monde s’était donné rendez-vous sur La Recouvrance pour un heureux événement.

Une mise à l’eau… au sec.

Fee de l'aulne - Tonnerres

La mise à l’eau de la Fée de l’Aulne a donné le coup d’envoi des Tonnerres 2012.

La renaissance de la Fée de l’Aulne, gabare de bois restaurée par les chantiers du Guip. A 11h50, la coque touche l’eau, sous les applaudissement des premiers visiteurs. Il y avait du monde pour accompagner la belle dans le petit bain (celui du port), autant sur les quais qu’en mer…

Direction ensuite l’embarcadère, pour une balade en mer. Les cornes de brume des bateaux s’effacent peu à peu pour laisser place aux sifflements des oiseaux indonésiens… Ils prennent corps avec les danseurs de gamelan, îlot d’exotisme entre les viviers brestois et le village russe.

La Russie, justement, il faut la gagner. Pas moyen de rejoindre les poupées russes rapidement, si ce n’est en se jetant à l’eau dans le cinquième bassin du port. Sous une pluie coriace on se lance donc à la conquête des quais sibériens. Là, les trois gros Russes vous feront face. Ils ne s’appellent pas Sergeï, Dimitri et Piotr mais Sedov, Krusentern et Saint-Petersbourg. 329 mètres de long à eux trois. Si la Russie n’est plus la première puissance mondiale, à Brest c’est bien elle qui rassemble les trois plus gros bâtiments des Tonnerres.

Brise-glace et quatre-mâts

Les "trois gros russes" - Tonnerres

Les « trois gros Russes » : le Sedov, le Krusenstern
et le Saint-Petersbourg.

Le brise-glace Saint-Petersbourg, un monstre de fer jaune et vert à large gueule. Aujourd’hui on en profite : seuls les plus téméraires ont bravé la pluie, et le pont inférieur est presque désert. Vous y rencontrerez le capitaine, yeux aussi bleus que la mer du golfe de Finlande, terrain de jeu habituel du géant des Tonnerres. Mais attention, les visiteurs sont cantonnés au pont, le reste du bateau étant « strictly forbidden ».

A côté de la bête de fer, des princes de bois. Le Sedov et le Krusenstern, deux quatre-mâts majestueux. Là encore seuls les ponts sont accessibles, et gare aux glissades sous temps maussade. On notera quand même que si vous tentez de vous introduire dans les cales, on pourrait vous confier la corvée de patates.

Après une douche monumentale, l’appel des chaussons douillets à la maison se fait sentir. Un dernier détour par le stand Terre et mer… On y déguste légumes, lait bien d’chez nous et lichouseries… De retour au centre névralgique du port, la scène Grand large, on se laisse embarquer par les ritournelles des joyeux Goristes… Un dernier verre de Santa Rosa, ça c’est Brestoa !

Goristes - Tonnerres de Brest

Réchauffer les cœurs, les Goristes savent le faire !

 

Vingt ans de fêtes maritimes à Brest

Interactif – À l’origine des Tonnerres, quelques passionnés de vieilles coques et de la grande bleue… En 2012, 600 000 personnes attendues sur les quais. De 92 à 2012, de l’eau a coulé sous les ponts.

Pors Beac’h. Pour peu que l’on ignore l’apostrophe, le nom peut évoquer un spot de surf branché. C’est en fait la petite anse de Logonna (29) dans laquelle tout a commencé. Si les Tonnerres fêtent leur 20 ans, l’histoire débute en fait en 1980. A Pors Beac’h donc, des amoureux de la mer se réunissent, l’été venu, pour donner une seconde vie à des voiliers traditionnels. La fiesta se poursuit en 1982, puis 84… En 1986, 400 bateaux mouillent dans l’anse de Logonna.

Brest 92, du jamais vu

La suite, c’est le magazine Le Chasse-Marée qui l’impulse. Suite à son concours « Bateaux des côtes de France », les chantiers navals se lancent dans la rénovation de vieux gréements.
En 1992, Brest devient le point de rendez-vous pour toutes ces coques ressuscitées, pour une fête de tous les marins. Le port militaire, l’arsenal, ouvre pour la première fois ses portes au public. Brest met à l’eau celle qui deviendra son emblème, la Recouvrance, réplique d’une goélette de 1817.

17 000 marins à Brest 96

En 1996, la fête est plus belle encore. Artisans de la mer, militaires, marins-pêcheurs, bagads et bien sûr bateaux sont de retour sur le port. Pendant que le trois-mâts français, le Belem, célèbre ses cent ans, le voilier Notre-Dame de Rumengol renaît. 2500 embarcations et un million de visiteurs prendront part aux festivités.

2000 – 2008, feuilletez notre album souvenirs !

Conseil de lecture : le diaporama est conçu pour être lu la première fois d’une traite, sans intervenir manuellement, afin de profiter de la musique et des images. Vous pouvez ensuite revenir sur certains passages pour approfondir des informations grâce aux boutons en forme de croix.

L’Étoile du Roy en escale à Paimpol

Diaporama sonore – S’il est un bateau qui a impressionné les badauds sur le port de Paimpol ce week-end, c’est bien l’Étoile du Roy. Les manœuvres ont été délicates pour faire passer l’écluse au plus grand navire du festival des Chant de Marin 2011.

Réplique d’un navire du XVIIIe siècle, l’Étoile du Roy est aujourd’hui un bateau de cinéma et de fêtes maritimes, sur lequel travaillent une vingtaine de marins. L’un d’entre eux nous fait partager l’histoire et les caractéristiques de cette frégate.

Conseil de lecture : le diaporama est conçu pour être lu la première fois d’une traite, sans intervenir manuellement, afin de profiter de l’interview qui correspond aux images. Vous pouvez ensuite revenir sur certains passages pour approfondir des informations grâce aux boutons en forme de croix.

Klervi Le Cozic et Célia Caradec

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