Festivalière des Vieilles Charrues 2013 au camping. Crédits Suzy Colin

Notre grand bilan des Vieilles Charrues

Aux Vieilles Charrues, les belles rencontres ne se font pas qu’au camping. En espace presse aussi, on s’est fait des amis. On a voulu réunir nos chroniqueurs du podcast quotidien une dernière fois cette année, pour qu’ils vous livrent leur bilan, à froid, sur leur festival.

Meilleurs et pires concerts, rencontres insolites, mauvais moments et conseils pour l’an prochain, Morgan, Paola, Thomas, Naïko, Romain et Étienne nous livrent leurs anecdotes. Cécile, Klervi et Sylvain en font de même. Ultime tour de table. Cliquez sur leurs prénoms pour aller directement à leurs commentaires.

Morgan – Tous les Festivals

Mon plus beau concert

Féfé aux Vieilles Charrues 2013 - Crédits Suzy Colin

Féfé a conquis tous les chroniqueurs qui se sont rendus à son concert, le samedi 20 juillet. Crédits Suzy Colin

Féfé. Il s’est donné à fond sur scène. Le gars était déchaîné, alors qu’il était parmi les premiers concerts du samedi, avec un public toujours difficile à lancer. Il s’est jeté comme un athlète du triple saut sur les festivaliers. Au moment où il chante “Je veux du soleil” la pluie se met à tomber, un soulagement pour tous sous cette grande chaleur. Sinon, M aurait mérité le prix.

Celui où j’ai pris mes jambes à mon cou

Benjamin Biolay, à peine arrivé au concert. Je ne suis pas du tout rentré dans son monde.

Mon plus grand regret

La fin des concerts à seulement 3 h. On reste un peu sur notre faim, envie de kiffer le son jusqu’à au moins 5 h.

Ma rencontre inattendue

Dans les rues de Carhaix, un mec déguisé en centurion marche tranquille, et tombe sur quatre filles en légionnaire. Ils ne se connaissaient pas et se sautent dans les bras. Symbole de l’ambiance des Charrues.

Mon pire souvenir

Le moment où tu passes à côté d’un stand de tartiflettes. Vraiment pas le bon moment pour en manger une.

Mon conseil pour les futurs festivaliers

Pensez à amener des lingettes pour bébés pour le camping, car pas le temps de faire la queue pour les douches !

À lire chez notre partenaire :Des vieilles recettes aux jeunes pousses, la potion magique des Charrues“, le reportage de Morgan Canda et Céline Martel

Tous les festivals - Le nouveau site consacré aux festivals de musique

Paola Scemama – Sound Cultur’All

Mon plus beau concert

The Roots aux Vieilles Charrues 2013 - Crédits Sylvain Ernault

Les cuivres étaient de sortie sur la scène Glenmor, le samedi soir, lors du passage très apprécié des Américains de The Roots. Crédits Sylvain Ernault

The Roots sans aucune hésitation. Ces gars me donnent envie de faire de la musique rien qu’en les écoutant.

Celui où j’ai pris mes jambes à mon cou

Paul K ! Déception totale du set de ce DJ à haute notoriété. De la basse mal placée, et pourtant Dieu sait que j’aime quand les basses hurlent !

Mon plus grand regret

On va sûrement tous se rejoindre sur ce point là. Est-il nécessaire de parler encore et encore d’Elton John ?

Ma rencontre inattendue

Simon, Nantais, prof de sport le jour et spartiate la nuit !

Mon pire souvenir

Samedi, 7 h du matin. Ce petit c** de festivalier qui a décidé que c’était l’heure pour mettre du System of a Down juste à côté de notre tente. Ça a bien grogné !

Mon conseil pour les futurs festivaliers

Amenez des bouchons pour les oreilles, c’est avec ça qu’on dort le mieux… Mais surtout, ne manquez pas la prochaine édition si elle est aussi bonne que celle-là !

À lire chez Sound Cultur’All : Un dossier très complet avec des interviews de Féfé et de Jeunes Charrues, des photos et un “live report” quotidien, rédigé par Paola et Louis.

Sound Cultur'ALL - Le site musical éclectique

Thomas Manchette - Kickzik

Mon meilleur concert

J’en retiendrai deux. Tout d’abord le concert de Cashmere Cat. En des termes simples, c’était génial. Il a su mélanger les styles électro de ces quinze dernières années, les mettre dans un shaker et pondre un excellent résultat.

Quelle surprise de se faire accueillir par « Hi Barbie, Hi Ken, Do you wanna go for a ride ? Sure Ken ». La couleur était annoncée dès le départ. Les techniciens avaient également à cœur de nous montrer que leur matériel avait des super basses ! C’est d’autant mieux et ça collait parfaitement aux styles du norvégien, qui en passant par des phases DnB, Trap music, nous envoyait ses propres versions de titre RnB (All of the lights de Kanye West, par exemple), ainsi que ses titres phares Mirror Marru et Kiss Kiss, avant de terminer par le délicat Limit to your Love de James Blake (reprise de Feist au passage).

La seconde découverte/coup de cœur était Marie-Pierre Arthur, chanteuse québécoise de rock-indé, folk pop. Néanmoins il est vrai qu’il y avait Carlos Santana, sur l’autre scène, mais prière, messieurs les techniciens, le son quand ça sature, c’est moche.

Celui où j’ai pris mes jambes à mon cou

Celui de Paul Kalkbrenner, eh oui ! Aussi étonnant que cela puisse paraître, son set ne m’a pas du tout emballé : une scène trop grande, un style peut-être pas adapté aux Vieilles Charrues.

Mon plus grand regret

Tout simplement avoir loupé The Roots. En effet, si mon meilleur concert fut Cashmere Cat, j’ai dû manquer The Roots et je pense que cette opportunité ne se représentera pas de sitôt.

Ma rencontre inattendue

Je dirais l’interview avec Dead Sailors, avec un gros clin d’œil à « Merci qui ? » (les fins connaisseurs comprendront), mais c’est également la session acoustique avec Jodie Banks et la terrible animation fournie par le bénévole Asiatix, de la super team de Quimper, postée au bar 8 !

Mon pire souvenir

Lorsque la batterie de mon appareil photo m’a lâchée, puis celle de mon portable, puis le vol de mon portable dans la dernière minute du festival. D’ailleurs au passage si la personne qui a retrouvé mon super Blackberry de première génération avec une bulle d’air au milieu pouvait me joindre à kickzik@gmail.com, ça serait hyper gentil, j’aimerais récupérer mes contacts !

Festivalier des Vieilles Charrues - Crédits Suzy CoinC’était encore génial cette année. Merci aux stands des marques alimentaires. Finalement, une très bonne idée dans un camping de proposer des jeux de société ! Merci aux agriculteurs bénévoles ! Quoi de mieux à 10h du matin, entre deux bières, qu’un bon verre de lait !

Super bonne idée de ramener une bâche pour faire du ventriglisse (action de se jeter, dans une position aérodynamique, sur une bâche savonnée afin de pouvoir parcourir la plus grande distance et si possible arriver à bouffer le gazon à l’arrivée). On aura remarqué ainsi le manque d’humour ou d’appréciation de jugement de certains membres du staff de la sécurité.

Mon conseil pour les futurs festivaliers

Un conseil pour les amateurs de pétanque, ramenez vos boules en plastique, les amateurs d’Obut seront déçus, mais ça vous permettra d’avoir au moins une chance d’y jouer. Quand une foule vous incite fortement à lâcher votre Bob l’Éponge, faites-le, c’est drôle, vous passez pour un champion, et ça vous fera une chose de moins à traîner inutilement dans votre chambre au bout de cinq jours !

À lire chez notre partenaire : Un “live report” quotidien écrit par Thomas Manchette.

Kickzik - L'actualité musicale en Bretagne du moment

Naïko – Hard Force Magazine

Mon meilleur concert

Santana, pour les good vibes, pour l’énergie positive, pour le sourire, pour l’envie irrépressible de danser, pour la classe gigantesque de tous les musiciens présents sur scène. Du très, très haut niveau !

Celui où j’ai pris mes jambes à mon cou

Aucun, mais je n’ai pas vu trente concerts non plus. Une petite dizaine, mais de A à Z. Et j’ai regretté de ne pouvoir jeter un œil sur les prestations de Bruel, Asaf Avidan, Lavoine, Lou Doillon ou Oxmo Puccino. Mais on ne peut pas être partout et j’étais à moitié en vacances.

Ma rencontre inattendue

Patrick Bruel aux Vieilles Charrues 2013 - Crédits Suzy Colin

Patrick Bruel, décrié avant, apprécié pendant et respecté après. Crédits Suzy Colin

Patrick Bruel. En conférence de presse, j’ai pu lui poser une question sortie de nulle part, il m’a répondu très gentiment, en immense professionnel. On a fait une photo ensemble ensuite. Très pro, très sympa.

Mon plus grand regret

Ma déception : Neil Young, beaucoup trop froid, impersonnel et long, malgré deux ou trois très bons moments.

Mon conseil pour les futurs festivaliers

L’accessoire indispensables : le(s) foulard(s) (chèches, keffiehs, etc.). Plus on en a, mieux c’est. Sert à tout essuyer, à tenir chaud, à protéger du soleil, de la poussière… Et puis ça donne une touche exotique. Venez les quatre jours et ouvrez vous à tout ce qui (se) passe. Vous en ressortirez fatigués et enrichis. Très.

À lire chez Hard Force : Rammstein aux Vieilles Charrues, le reportage côté public, écrit par Naiko.

Naïjo - Hard Force blog

Romain Mancel – Hag’ FM

Mon plus beau concert

The Roots, une vraie présence scénique. Malgré l’heure tardive et la fatigue (je suppose) des festivaliers, ils ont su mettre une ambiance de dingue. Musicalement c’est super propre et professionnel, d’une grande qualité et variété musicale, ils passent en revu le hip-hop, le jazz et même le rock.

Après plus de 25 ans d’existence, ils n’ont pas pris une ride, à voir absolument. Au bûcher ceux qui ratent l’occasion !

Celui où j’ai pris mes jambes à mon cou

Dead Sailors. Ok, j’aime pas dire du mal des jeunes groupes d’habitude, mais là… le plus gros bémol c’est la voix. Après on aime ou on aime pas, mais les voix “post-hardcore” me débectent, et même musicalement j’ai pas trouvé ça super intéressant.

Je me suis emmerdé dès le premier morceau. J’espère quand même pour eux que ça marche, qu’ils trouvent un public à leur musique.

Mon plus grand regret

Oxmo Puccino aux Vieilles Charrues 2013 - Crédits Thomas Manchette

Oxmo Puccino jouait en même temps que Neil Young. Un choix cornélien qui a poussé bon nombre de festivaliers à faire la navette entre les scènes Glenmor et Xavier Grall. Crédits Thomas Manchette

Avoir raté Oxmo Puccino. Franchement, Oxmo et Neil Young en même temps… abusé. Je suis un grand fan d’Oxmo, c’est, de loin, un des meilleurs rappeurs français. Moi qui ne suis pas du tout rap français, j’ai un immense respect pour cet artiste aux paroles magnifiques et au langage d’une grande finesse. Donc oui, j’ai les boules.

Mes rencontres inattendues

Je n’ai pas eu le droit à des rencontres particulièrement hors du commun, de belles rencontres oui (Stef de chez Virgin, Romain de Radio Prun’, toute l’équipe de La Déviation et la belle tablée du dimanche après-midi), mais peu d’insolite.

A part trois filles qui m’ont à la base pris la tête, car on était pénards avec mon collègue Foulques devant Neil Young et elles sont arrivées devant nous bourrées et bruyantes. On a fini pas sympathiser et passer la soirée ensemble, avant qu’elles ne rentrent, car une de leur copine était trop dans le mal (c’est ça de trop boire à 18 ans… Ahah !).

Mon pire moment

L’arrivée, quand on s’est rendu compte que le camping était à l’opposé des parkings presse, on a donc décidé de camper à côté de la voiture en demandant l’autorisation au propriétaire du Netto pour squatter sa pelouse. Le problème est que, malgré sa réponse positive, l’info n’a pas été très relayée du côté de la sécu et de l’orga, qui ont essayé de nous virer à maintes reprises, avant qu’on arrive à les faire entrer en contact avec la responsable du magasin.

Mon conseil pour les futurs festivaliers

Venir bien en avance (mercredi midi) pour avoir un bon spot sur le camping, pas à 50 km de l’entrée, et ne pas prévoir d’alcool en bouteilles en verre, car la sécu est parfois assez bornée.

À écouter chez Hag’ Fm : des interviews des Red Goes Black, des Superets, des Heartbreak Hotel, Goldwave et des 1969 Club, réalisées par Romain et Foulques.

Hag' FM - Gardez le cap sur 96.6

Étienne Richard

Mon plus beau concert

C’était sans doute Hanni el Khatib, du bon rock west coast bien comme il faut, avec des accents ultra-festifs et sauvages, qui ont su faire danser même les moins fan de garage rock d’entre-nous !

Celui où j’ai pris mes jambes à mon cou

Outre ceux auxquels il ne valait mieux pas prêter attention, c’est bien Lou Doillon qui a réussi à me faire fuir le plus vite. Une voix formidable ne rattrape pas toujours un manque profond de poésie dans les paroles. Un dialogue plat pour bourgeoises de 16 ans.

Mon plus grand regret

Avoir loupé Rammstein, qui était sûrement le groupe travaillant le plus l’aspect visuel de ces Vieilles Charrues…

Ma rencontre inattendue

La Femme aux Vieilles Charrues 2013 - Crédits La Femme

La Femme a proposé un concert déjanté sur la scène Xavier Grall. Il faut dire que le groupe de rock a de l’ADN breton.

Croiser à plusieurs reprises la chanteuse de La Femme, qui titube en permanence derrière ses lunettes noires, en backstage.

Mon pire moment

Pendant le début du concert de Phoenix, mal balancées, les basses vrillaient les oreilles de toute l’assistance.

Mon conseil pour les futurs festivaliers

Des bonnes chaussures, des capotes et surtout l’envie de découvrir et pas seulement de reconnaitre !

Le clip des Vieilles Charrues par Étienne

Radio VL - Premier média jeune de France

Vous l’avez compris, aux Vieilles Charrues, on s’est bien entourés pour en faire nous-mêmes le moins possible. Mais pour une fois, la rédaction aussi se mouille !

Cécile Nougier – La Déviation et Talents Frais

Mon plus beau concert

Mon plus beau concert, ou du moins celui où je me suis le plus amusée fut, étonnamment, un live donné par un groupe présent dans le cadre des Jeunes Charrues. C’était le groupe MmMmM et j’ai vraiment été surprise par toute cette énergie positive qu’ils transmettaient au public. Et en plus leur musique est au top !

Cécile Nougier et MmMmM aux Vieilles Charrues 2013 - Credits Sylvain Ernault

Cécile et les MmMmM, une relation déjà fusionnelle avant que le groupe ne monte sur scène. Crédits Sylvain Ernault

Celui où j’ai pris mes jambes à mon cou

Alors, théoriquement, je ne me suis enfuie devant aucun concert. Mais si j’avais pu, ça aurait été devant celui de Rammstein. Limite, je fermais les yeux pour ne pas voir le chanteur plein de sang évoluer au milieu de son groupe, tout aussi terrifiant. C’est la première fois que j’ai failli vomir pendant un concert. Littéralement.

Mon plus grand regret

Ne pas avoir vu le concert de Superpoze. Voici un petit bout de temps que je le suis à travers ses compositions et j’attendais vraiment son concert avec impatience. Tout cela à cause d’une interview qui as pris beaucoup de retard, ou quand le travail de journaliste prend le dessus sur le côté “fan en délire”.

Ma rencontre inattendue

Ma rencontre la plus insolite fut avec ce mec, festivalier qui avait des étiquettes de bons de réduction sur le slip. En train de scander “- 50 % sur les kiwis ! Mesdames, c’est le moment d’en profiter !”

Mon pire souvenir

Sans doute quand, après une escapade du côté du camping festivalier, je me suis fait aborder par des mecs bourrés qui voulaient me serrer (si on veut rester dans le politiquement correct). J’ai eu vraiment peur pour ma peau, seule au milieu de ces festivaliers. Mon ami le plus proche était à 50m, ce qui était vraiment loin, pour le coup.

Mon conseil pour les futurs festivaliers

Ne pas hésiter à s’attarder sur le stand “Fraises de Plougastel”, pas loin de la billetterie. Les fraises y sont excellentes et pas très chères, parfaites pour casser le rythme kébab/sandwich-frite/kébab imposé pour ceux qui restent surtout dans le champ du site.

À visionner chez notre partenaire : Une session live de The Red Goes Black et un autre de Jodie Banks, dans un bus anglais. Et bien d’autres vidéos à venir, que nous publierons aussi sur La Déviation.

Talents Frais - Cultivateur de nouveaux talents

Sylvain Ernault – La Déviation

Mon plus beau concert

Neil Young & Crazy Horse, l’un des seuls que j’ai pu voir en entier et plutôt bien placé. Être avec les fanas du Loner était d’ailleurs déterminant pour saisir l’émotion qui se dégageait de ce concert. Après les ratés de Lou Reed et Bob Dylan, voici enfin un papy du rock à la hauteur de sa légende.

Neil Young & Crazy Horse aux Vieilles Charrues 2013 - Crédits Sylvain Ernault

Neil Young, presque 70 ans, assure toujours sur scène. Crédits Sylvain Ernault

D’aucuns lui reprochent sa nonchalance, mais qui a décrété que tous les artistes devaient s’adresser autrement qu’en musique au public ?

Celui où j’ai pris mes jambes à mon cou

Si je suis parti précipitamment de plusieurs concerts, c’était toujours dans l’impérieuse nécessité de vider une quelconque carte mémoire ou d’autres contenants moins avouables. Sauf peut-être pour Paul Kalkbrenner, que j’ai préféré apprécier… depuis le campement.

Mon plus grand regret

Que la connexion Wifi de l’espace presse ait été si lente et m’ait empêchée d’aller écouter Rangleklods, Wild Belle, Mermonte (alors qu’on les a interviewé sur le toit d’un bus anglais, en plein cagnard, en levant des coupes de champagne et de glace), La Femme, Féfé, etc. Bref tous ceux dont mes camarades tressent des lauriers.

Ma rencontre inattendue

Allez, je me la raconte. C’est arrivé plusieurs fois que des festivaliers viennent à notre rencontre, nous reconnaissant grâce à notre panneau La Déviation brandi comme un étandard guerrier, pour nous saluer. C’était super sympa, mais pas autant que de se faire offrir un coup de Coreff par Michel, berger résistant du Méné Bré, qui n’en a sans doute guère que foutre de notre webzine.

Mon pire souvenir

“Merde, j’ai paumé l’interview des Red Goes Black sur un Mac du village presse !”

Mon conseil pour les futurs festivaliers

Déjà, allez-y et ne vous arrêtez pas à l’affiche, même si vous ne connaissez qu’un nom par journée (ce qui dénote quand même une culture musicale encore plus piteuse que la mienne).

Ensuite, entrez tôt sur le site et faites tout pour ne pas ressembler au portrait robot du festivalier tiré par Ouest-France.

La Déviation - Webzine axé culture et politique

Klervi Le Cozic – La Déviation

Mon plus beau concert

Neil Young & Crazy Horse, malgré les multiples péripéties qui m’ont éloignée de la scène à plusieurs reprises. Le festival voulait l’épingler en tête d’affiche depuis dix ans, et moi je pensais qu’il m’en aurait encore fallu quinze, pour l’entendre “en vrai” un jour. Car c’était ça le plus beau, sentir le frémissement de trois générations de fans, qui ont écouté en boucle leurs vinyles, cassettes, CD ou playlist en rêvant d’aventures et de voyages, murmurer les paroles par cœur.

À ceux qui ont (osé) trouver ça long et mou, les papis Frank Sampedro (guitare), Billy Talbot (basse) et Ralph Molina (batterie), presque tous septuagénaires, n’avaient pas besoin de slamer, pogoter ou de s’épuiser en pétards et feu d’artifices. À regarder le loner et sa “band” jouer leurs riffes interminables, comme d’éternels adolescents au fond d’un garage, le plaisir d’écouter était pur, simple et bien là.

Celui où j’ai pris mes jambes à mon cou

Paul Kalkbrenner. Au début c’était sympa, ça faisait gigoter tout le monde, même au loin, le long des tavernes. Mais au bout de dix minutes j’ai compris le concept de techno “minimale. “Une structure et un champ spectral plus minimaliste“, nous dira t-on. Ben moi j’ai juste trouvé ça long.

Mon plus grand regret

Keny Arkana aux Vieilles Charrues 2013 - La Déviation

Keny Arkana fait lever les poings sur la scène Kerouac. Jusqu’ici tout va bien. Crédits Sylvain Ernault

Que Keny Arkana ait été aussi mauvaise joueuse. Quand une contestataire fait du rappe et chante avec autant de ferveur et de rage son envie de changer le monde, de dire merde à la société, au libéralisme, à l’occupation des territoires palestiniens, aux caméras dans la rue ou aux politiciens, on pensait qu’elle nous aurait accueilli sans ambages, pour parler de son engagement. Quelle déception quand on a appris que la militante était “fatiguée” et n’avait “plus trop envie de nous parler”.

Un Doliprane et ça repart… Non ? ah bon. La pasionaria des indignados, déjà vue au FestiZad, qui se la joue diva, ça m’a laissé un goût amer. Disons que ce soir-là (comme tant d’autres, notamment au Printemps de Bourges, cette année), Keny Arkana avait “besoin d’air“.

Ma rencontre inattendue

C’est la même que Sylvain, avec qui j’ai assisté au concert de Neil Young : Michel, berger à Sizun, sosie de José Bové et fan absolu du loner. Pendant le concert, on s’est reconnus, on s’est perdus de vue, on s’est r’perdus d’vue, on a laissé échapper une petite larme pendant “The Heart of gold” et puis finalement on a trinqué autour d’une bolée.

Lui, trop heureux de trouver des jeunes fan de Young, et nous, ravis d’avoir partagé le même frisson pendant deux heures avec un fidèle des Vieilles Charrues qui, en vingt ans, a eu beau voir les plus grosses têtes d’affiches, reste émerveillé à chaque nouveau concert.

Mon pire souvenir

T-shirt Santana tenu par Valentin aux Vieilles Charrues 2013 - La Déviation

Valentin, lecteur rencontré le dimanche soir, a réussi à acheter un T-shirt de Santana avant que le tour bus du chanteur ne reparte avec le stock. Crédits Klervi Le Cozic

Ma rencontre récurrente avec les vigiles des devants de scènes. Ouverts à la discussion et doux comme des agneaux (sic), ils n’ont eu de cesse de nous virer de la foule car nous prenions des photos et du son pour La Déviation… exactement comme nos 30.000 autres voisins de foule qui s’en donnaient à cœur joie avec leurs smartphones.

Nous, en plus d’être accrédités nous avions simplement l’honnêteté de le faire ostensiblement. RIP, les photos du concert de The Roots, supprimées par le zèle d’un vigile.

Mon conseil pour les futurs festivaliers

Habillez-vous comme un oignon, multipliez les couches de vêtements pour résister au frimas comme à la canicule ! Et pour les groupies de groupes d’Outre-Atlantique ou d’Outre-Manche, dont les services commerciaux ne sont pas toujours philanthropes, pensez à faire un tour à la boutique artistes, AVANT la dernière chanson. Ils retirent les T-shirts et autres goodies une heure avant la fin du concert de votre idole. D’ailleurs, si vous avez un T-shirt de Santana en rab’… faites-moi signe :)

Toujours à consulter chez nous : les podcasts quotidiens des Charrues du Commerce. Vous y retrouverez tous ceux qui se sont prêtés de bonne grâce à ce jeu de questions-réponses.

Rédaction | 11 article(s) publié(s)

Fondée par des amis journalistes formés à l'IUT de Lannion, rejointe par des rédacteurs tout aussi passionnés et désintéressés, la rédaction de La Déviation est multiple et en perpétuelle évolution.


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