200520 - Photo panneau La Loire vivra le 17 mai à Mardié - La Déviation

Le pont de Jargeau fédère l’opposition écolo du Loiret

Sur une commune à l’Est d’Orléans, Mardié, le département souhaite construire un pont au-dessus de la Loire. Les opposant·es qualifient ce pont et la déviation dite de Jargeau de grand projet inutile et imposé (GPII).

Un article de Terrestres répertorie les principaux arguments contre le projet. Le pont serait construit sur un sous-sol présentant de nombreuses fissures (appelés karsts) ce qui pourrait causer un effondrement lors de la construction ou de l’exploitation, en atteste une note du très officiel Bureau des recherches géologiques et minières. D’autre part, il serait construit dans une zone classée Natura 2000 près d’un endroit où nichent des balbulzards pécheurs, une espèce protégée en France. Enfin, le projet serait principalement utile aux transports et à la logistique par camions ce qui est peu compatible avec le dérèglement climatique.

Ce pont, qui coûterait 100 millions d’euros, mais probablement plus d’après les opposant·es, est le point névralgique d’un projet de contournement routier d’Orléans en cours de construction. De nombreux autres projets économiques y sont adossés, notamment le développement de centres logistiques et l’exploitation de carrières.

Le conseil départemental du Loiret a longtemps nié ces dimensions du projet (pdf) préférant mettre en avant un meilleur confort de vie des habitant·es de Jargeau où la circulation sur un pont déjà existant est souvent embouteillée aux heures de pointe : autour de 8 h 30 le matin et 18 h le soir pour les trajets domicile-travail. Pourtant, les opposant·es remarquent que le projet de réouverture d’une ligne de train reliant Orléans à Châteauneuf-sur-Loire est ignorée par les pouvoirs publics alors qu’il permettrait de soulager le trafic sur le pont de manière plus écologique.

Depuis 25 ans, une association, Mardiéval, lutte contre ce pont via de nombreux recours juridiques (encore en cours). On lui doit l’installation d’une caméra, la Balbucam, depuis 2016, qui diffuse tout les jours en direct sur internet pour voir le nid des balbuzards pécheurs (si vous allez la voir, vous pourrez peut-être constater que les œufs ont éclos très récemment). Elle développe aussi des argumentaires disponibles sur internet.

En 2019, une nouvelle dynamique s’est lancée via l’installation temporaire du Village de la Loire. Il s’est ensuite pérennisé malgré de nombreux déboires, qui ont déjà provoqué deux déménagements. Le Wiki du Village de la Loire, très bien fait, répertorie de nombreuses ressources contre le pont et son monde dont des chansons, un fanzine et des visuels des deux événements de 2019 : le Village de la Loire du 11 au 18 août qui a accueilli un millier de personnes et la Buldo’fête les 31 août et 1er septembre.

Juste après ceux-ci, des travaux de déboisement pour faire des fouilles archéologiques ont été effectués entre les 11 et 13 septembre 2019, malgré une forte opposition sur le terrain. Face aux gendarmes anti-terroristes du PSIG-Sabre se trouvaient des opposant·es avec des « arm-locks » (tubes en PVC) pour s’enchaîner aux arbres et des équipes en haut de plateformes sur les arbres.

Depuis, l’opposition au projet se réorganise malgré des dissensions à la fois internes au collectif et avec la présidence de Mardiéval. Les plans pour le futur de la lutte sont nombreux avec entre autres la création d’un jardin forêt, technique mêlant permaculture et agroforesterie, comme au Jardin d’émerveille via une nouvelle association. Sur place, les opposant·es sont ouvert·es à toute nouvelle énergie souhaitant les rejoindre pour aider à l’organisation d’événements cet été ou même rester sur place pour continuer la lutte. Il s’agira notamment de préparer la venue de l’Alter-Tour les 9 et 10 août 2020 et une semaine de formation en construction de yourtes et de maisons figues sera peut-être organisée. Alors n’hésitez pas à leur rendre visite en prévenant à l’avance par mail ou à vous abonner à leur lettre d’information pour être tenu·es au courant !

Les Confiné·es | 125 article(s) publié(s)

La Gazette des confiné·es est un collectif ouvert d'ami·es basé·es entre autres à Nantes, Tours et Paris qui souhaitent mutualiser la prise d'informations portant sur la crise du Covid-19 sur internet afin de ne pas rester chacun·e de son côté isolé·e face aux écrans et de nous libérer du temps pour faire et penser à autre chose. La gazette paraît sur La Déviation et le réseau Mutu.


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