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Dans les pas de Walter Mitty jusqu’en Islande

J’attendais La Vie rêvée de Walter Mitty avec tellement d’impatience que la bande originale et ses trésors nordiques n’avaient déjà plus aucun secret pour moi avant sa sortie en salles le 1er janvier. À la fois drôle et poétique, cette cinquième production de Ben Stiller est LA solution pour commencer 2014 du bon pied.

Walter Mitty (Ben Stiller) a une vie bien rangée. Voilà seize ans qu’il travaille pour le prestigieux magazine Life où il est responsable des archives photos. Salarié modeste et effacé, il n’a jamais trouvé le courage d’approcher sa collègue Cheryl (Kristen Wiig), pour qui il fond littéralement.

Sa plus grande réussite jusqu’à présent, c’est son amitié épistolaire avec Sean O’Connell (Sean Penn), un photographe mondialement connu. Il est son contact privilégié au sein du magazine et Sean a toujours loué le talent de Walter pour le traitement de ses photographies.

Dans les pas de Walter Mitty - La Déviation

Seulement un jour, tout bascule : Life cesse sa diffusion pour ne devenir qu’un site internet. Walter Mitty va alors se lancer dans la quête d’un cliché mystérieusement perdu, destiné à illustrer l’ultime couverture du journal. Lui qui a toujours réfréné ses envies d’aventures va devenir un héros digne des plus beaux reportages de Life. Finies “les déconnections” pendant lesquelles il se rêvait aventurier et super-héros. Place à la réalité. Et quelle merveilleuse réalité !

C’est sur les terres du Groenland, d’Islande et d’Afghanistan que Walter Mitty part à la recherche de Sean O’Connell. Je vous préviens, les paysages sont à tomber et vous donneront qu’une envie : remplir votre sac de 60 L (ou votre petite mallette) pour la première destination venue.

Les paysages présents à l’écran m’ont rappelé pourquoi je ne cesse de parler de ce pays avec une telle passion depuis plus de 6 ans. Seyðisfjörður, Grundarfjörður, Stykkishólmur… Toutes ces villes ont servi de décors grandeur nature pour accueillir le périple de Walter Mitty. Et quand Ben Stiller vous fait croire que Walter est au Groenland ou en Afghanistan, il n’en est rien, c’est toujours l’Islande qui crève l’écran avec la ville d’Höfn ou les sommets enneigés du parc national de Vatnajökull.

Dans les pas de Walter Mitty - La Déviation

Scénario, OK. Décors, OK. Humour, je ne reviendrai pas dessus, on peut compter sur le talent de Ben Stiller pour amuser la galerie.

Non, la cerise sur le gâteau c’est bien la bande originale du film.Personnellement, elle m’a captée de la première seconde à la dernière. Pêle-mêle, on retrouve les Islandais d’Of Monsters and Men, le groupe suédois Junip et leur chanteur José Gonzalez, mais aussi d’autres noms moins nordiques comme David Bowie, Rogue Wave, Rogue Valley.

L’une de mes scènes préférées restera sans doute le passage où l’on entend Wake Up d’Arcade Fire. Ce moment marque le saut de Walter Mitty vers de nouvelles aventures. Magique.

Donc si vous ne l’aviez pas encore compris, je vous encourage grandement à voir La Vie rêvée de Walter Mitty pour faire plus ample connaissance avec cet anti-héros parfait et irrésistible. Alors certes, on pourra reprocher à Ben Stiller de ne pas exploiter plus le côté psychologique de son personnage, mais la recette miracle fonctionne, on sort de la salle détendu, avec le sentiment d’avoir passé un très bon moment.

On reste dans la comédie légère, mais ce feel-good movie est une grande bouffée d’air frais dont je ne peux dire que du bien. Walter Mitty est incroyablement génial tout simplement.

La Vie Rêvée de Walter Mitty, de Ben Stiller, avec Ben Stiller, Kristen Wiig, Shirley MacLayne, 1 h 54, 20th Century Fox, 2014.

Bakpok - Blog de Justine Briot

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Quand la BD part en road-trip

Ça fait toujours rêver ces histoires d’hommes et de femmes qui, un beau jour, osent mettre fin à la routine et s’en aller. Ils partent pour un ailleurs plus gai, plus calme, plus exotique, toujours à la recherche d’un je ne sais quoi qui excuserait presque leur absence.

Au cinéma, Paris Texas est de ces films-là qui nous invitent à monter en voiture et nous trimballe un peu partout, du fin fond du désert, aux faubourgs les plus conventionnels. En bande dessinée, l’invitation au voyage passe tout aussi bien.

Les princesses aussi vont au petit coin

Citons tout d’abord le dernier ouvrage de Chabouté, en noir et blanc comme à son habitude, reflet de ses histoires pleine d’humanité qui se heurtent toujours à la réalité. “Les princesses aussi vont au petit coin”, c’est le titre pour le moins original de cet album, qui donne le ton.

Princesses1L’ouvrir, c’est se plonger dans une aventure sombre et burlesque. Celle d’un couple peu pressé par la vie, qui a décidé de sillonner les chemins à bord de son camping-car, en route pour nulle part et partout à la fois.

Quand il tombe sur un auto-stoppeur étrange, à l’air maladif et dérangé, leur périple n’en devient que plus excitant. Et plus dangereux aussi. Incrédule sur ses racontars, le couple se laisse pourtant mener par l’auto-stoppeur, cette fois-ci, pour une fuite en avant. Peu à peu, la folie de l’homme est remise en question pour laisser la place à… la psychose. La vie, qui s’écoule au rythme des stations essences, finira même par prendre une odeur de soufre et d’amertume. Cette BD nous attrape dès les premières cases, sans bulles, silencieuse, pour mieux nous laisser plonger au cœur de ce polar rondement mené, à la chute vertigineuse.

Les princesses aussi vont au petit coin, Chabouté, Vents d’Ouest, 17,99 €. 

Far Away

Si vous aimez les grands espaces, les forêts canadiennes à l’été indien et les jolies histoires d’amour, ce road-trip là devrait vous plaire. “Far Away” c’est l’histoire de Martin Bonsoir, chauffeur routier célibataire et bourru, qui se fait surprendre par la neige, un soir, en traversant les Laurentides, une province du Québec.

C’est chez Esmé qu’il trouvera refuge, la seule habitante à des lieux à la ronde. Le jour de son départ, elle demande à Martin de l’emmener avec elle. L’histoire est haute en couleur. Sans doute grâce au coup de pinceau de Gabriele Gamberini qui magnifie les paysages traversés, et retransmet les sentiments des personnages avec délicatesse.

On pourra être surpris de voir de la peinture sur des cases de BD, mais ça donne un côté roman-photo assez sympathique, qui rend l’histoire encore plus accessible. Il manque peut-être quelques pages à l’album pour finaliser la narration d’un périple sur les highways canadiens, qui mènera le tandem, aux sentiments de plus en plus tendres, des chutes du Niagara, aux Rocheuses du Wyoming. Mais les grandes aventures, c’est comme les vacances, ça n’aurait plus de charme si ça n’avait pas de fin. La BD finit doucement, sans mélancolie, laissant la routine reprendre le dessus. Finalement, ce qui compte dans le road-trip, c’est qu’au bout de l’aventure on trouve ce que l’on était venu chercher. Avec une bonne dose de réminiscences en plus, pour les jours suivants.

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Far Away, Maryse et Jean-François Charles, Gabriele Gamberini, Glénat, 25 €.

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